L’Union Européenne interdit l’utilisation de certains pesticides « tueurs d’abeilles »

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Fin avril 2018 l’Union Européenne a voté pour l’interdiction de l’usage de 3 néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame) sur toutes les cultures de plein air. Qu’est-ce que cela signifie réellement ?

Pour commencer, qu’est-ce qu’un néonicotinoïde ? Pour faire simple, c’est une classe de produits toxiques souvent utilisée en tant qu’insecticides dans le domaine agricole, notamment pour protéger les plants contre les ravageurs. Cependant, ces produits sont peu biodégradables et leurs effets toxiques persistent (dans le sol, dans l’eau) et se diffusent dans la nature jusqu’à atteindre des espèces qui n’étaient au départ pas ciblées, comme les abeilles (mais aussi les papillons, les vers de terre, les oiseaux, etc).

Comme cela est souvent entendu, et particulièrement récemment, le rôle des abeilles, et plus globalement des pollinisateurs, est primordial pour un bon fonctionnement de la nature. En effet, les abeilles contribuent à la pollinisation de 80% de l’ensemble des plantes. L’impact des néonicotinoïdes sur les abeilles doit donc être vu à une échelle plus globale : celle de la pollinisation et donc du bon développement de la faune et de la flore. Car certaines plantes sont totalement dépendantes du processus de pollinisation ; difficile de produire des fruits et des légumes dans cette configuration ! La protection des abeilles et des pollinisateurs constitue donc un enjeu énorme pour nos sociétés.

C’est pourquoi le 27 avril 2018, une grande partie des Etats de l’Union Européenne a interdit l’utilisation de ces substances toxiques. Leur utilisation reste cependant possible pour les cultures en serres, si et seulement si les graines et les plantes ne sortent pas des serres concernées. Cette avancée était nécessaire puisque « les indicateurs étaient au rouge avec 30% de mortalités annuelles de ruches et la disparition de 80% de la biomasse volante en 25 ans » (Gilles Lanio, président de l’UNAF – Union Nationale de l’Apiculture Française).

Enfin, si les néonicotinoïdes sont les pesticides les plus toxiques pour les abeilles, les causes de leur déclin sont multiples. Alors que la France se place à la troisième place mondiale concernant la consommation de pesticides, des études montrent que ces derniers sont un facteur important du taux de mortalité des abeilles. Bien que les choses évoluent, comme on peut le voir avec cette avancée du 27 avril 2018, des progrès restent encore à faire.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page « pesticides et abeilles » sur le site de l’UNAF, qui regroupe articles et documents plus approfondis sur la question : https://www.unaf-apiculture.info/nos-actions/pesticides-et-abeilles.html

Sources utilisées pour la rédaction de cet article :

https://www.unaf-apiculture.info/

http://www.inra.fr/Grand-public/Ressources-et-milieux-naturels/Tous-les-dossiers/Abeilles-pollinisation-biodiversite-pesticides/Abeilles-pollinisation-et-biodiversite