Jardiner sur un balcon ou un rebord de fenêtre

© ferme de Saint Marthe

Voilà un bon exemple pour savoir comment participer à la végétalisation de la ville tout en produisant quelques fruits et légumes. Car les balcons ou les bords de fenêtres peuvent servir à planter autre chose que des fleurs, si l’on s’adapte à l’exposition, aux besoins des plantes, à l’arrosage, etc.

Pour arriver à produire quelque chose, il est nécessaire d’observer l’espace que l’on a, ses avantages et ses inconvénients. Par exemple, il est important de prendre en compte l’exposition de votre fenêtre (si elle est orientée plein Nord ou plein Sud cela impactera forcément vos pratiques et les plantations en elles-mêmes). Bien que l’ensoleillement soit une donnée importante, elle n’est pas la seule : l’exposition au vent impacte elle aussi vos choix de culture (dessèchement rapide de la terre), ainsi que la pluviométrie (lorsqu’il pleut cela arrose t’il mes cultures ?). C’est tout un tas de questions qu’il est nécessaire de se poser afin de pouvoir faire les bons choix et d’être efficace dans la mise en place de nos petites cultures.

Une fois que cette étape est passée, il est évidement important de choisir les bonnes plantes. Pour cela, voici quelques pistes vous permettant de débuter :

  • Si votre fenêtre ou votre balcon possède peu d’ensoleillement il est plus intéressant de se pencher sur la production d’aromatiques (avec peu de soleil, peu de chance que les fruitiers fructifient par exemple)
  • Pour une exposition au Nord vous pouvez choisir : l’oseille, la livèche, le persil, la ciboulette, la menthe, le cerfeuil, la coriandre, etc. Pour avoir quelques fruits, vous pouvez planter des fraisiers des bois
  • Pour une exposition à l’Est ou à l’Ouest : vous pouvez planter toutes les aromatiques, auxquels vous pouvez ajouter les petits pois, le mesclun, les radis, les haricots grimpants, les petits piments, l’ail, le fenouil. Certaines fleurs comestibles peuvent aussi compléter le tout, comme les bourraches, les soucis ou les capucines.
  • Pour une exposition au Sud : on peut cultiver les mêmes choses que pour l’Est et l’Ouest à condition de bien faire attention à l’ensoleillement pour que la terre ne sèche pas trop vite.
  • Lorsque votre fenêtre ou balcon est très exposé au vent vous pouvez toujours planter mais il est intéressant de se porter sur des variétés méditerranéennes comme le thym, le romarin, la lavande ou la sauge par exemple.

© végétalisons Paris

De plus, il est intéressant d’associer certains plantes entre elles car cela permet d’éloigner certains ravageurs et maladies. De plus, les plantes se procurent naturellement de l’ombre, un support si besoin, un abri contre le vent, etc. Pour aller dans ce sens, intégrer des fleurs dans son potager peut être une bonne idée, d’autant plus quand se sont des plantes mellifères. Cela va permettre d’attirer les abeilles et les insectes pollinisateurs et de participer à la biodiversité en milieu urbain.

Voici quelques exemples, mais beaucoup d’autres existent :

  • Les œillets d’Inde sont intéressants lorsque l’on a des plants de tomates car ils tuent les nématodes (les racines d’œillets d’Inde sécrètent une substance empêchant leur croissance). Ils attirent aussi les syrphes dont les larves sont des prédateurs des pucerons
  • Les capucines et les soucis attirent les pucerons, qui ne viendront donc pas sur nos cultures (et en plus, leurs fleurs sont comestibles !)
  • La bourrache est une fleur mellifère qui attire beaucoup les pollinisateurs. De plus elle agirait comme un répulsif à limaces et escargots !
  • La lavande est aussi une plante mellifère
  • Les fleurs de phacélie attirent les pollinisateurs ainsi que les moucherons (ces derniers étant des prédateurs des pucerons)
  • Et si vous souhaitez des fleurs comestibles vous pouvez planter de la bourrache, des pensées, des violettes ou encore de la mauve

© jardiner en ville, 4 saisons du jardin bio, n°16

Attention, la plantation en pots ou en jardinières, donc en espaces restreints, nécessite de se poser la question de la terre que l’on choisit. La meilleure des solutions est celle du partage entre la moitié d’une terre végétale, un quart de compost et un quart de sable. Si vous avez un lombricomposteur vous pouvez partager avec une moitié de lombricompost et une moitié de terreau. Au fond des pots ou jardinières, on peut ajouter une couche de drainage (billes d’argiles ou graviers par exemple). Cela permet à l’humidité de ne pas trop stagner, ce qui ferait souffrir les racines.

Deux derniers points sont importants : tout d’abord, se renseigner sur le poids que peut supporter votre balcon ou votre rebord de fenêtre. En effet, ces derniers ne peuvent supporter qu’un poids maximum au m2. Pour cela vous pouvez par exemple vous renseigner auprès du syndic de votre immeuble ou de votre copropriété. De plus, il est important de calculer le poids des pots et des jardinières lorsque ces derniers sont arrosés car la terre mouillée pèse rapidement lourd (environ 1,7 kg/L). Enfin, il faut bien vérifier que les pots sont bien fixés vers l’intérieur et qu’ils ne peuvent pas tomber en cas de coup de vent violent.

Pour savoir quelles associations vous pouvez faire sur votre balcon vous pouvez consulter la page de la Ferme de Saint Marthe (https://www.fermedesaintemarthe.com/A-15838-conseils-pour-un-potager-sur-balcon.aspx) qui donne quelques pistes à ce propos.

Vous trouverez dans les prochains articles des moyens spécifiques pour cultiver sur un balcon ou un petit espace (le potager carré, le jardisac, le jardin vertical, etc).

Articles utilisés pour la rédaction de l’article :

Ferme de Saint Marthe, Conseils pour un potager sur balcon (https://www.fermedesaintemarthe.com/A-15838-conseils-pour-un-potager-sur-balcon.aspx)

Perrine Dupont, « Jardiner son bord de fenêtre », in 4 saisons du jardin bio : jardiner en ville (hors série n°16), 2018

Mairie de Paris, Végétalisons Paris (https://www.paris.fr/vegetalisonslaville) à vous pouvez y trouver un grand nombre de documents utiles sur la végétalisation de la ville

Mairie de Paris, direction des parcs, jardins et espaces verts, Le jardin partagé pour la cour et le balcon, « Associer les fleurs et les légumes »